Machine à faire le vide, ménagerie exotique..., cette exposition retrace le rapport entre Versailles et les sciences à travers les instruments et ouvrages scientifiques des collections des souverains, les outils de recherche et de pédagogie ou encore les innovations et inventions ayant eu le château pour lieu d’application.
Trois objets scientifiques anciens ont été prêtés par la bibliothèque de l'Ecole, dont le microscope ci-dessous.
Ajoût du samedi 18 décembre
(voir quelques photographies de notre visite privée du lundi 13 décembre avec la conservatrice Mme Saule, album) (photos de C. Bozon, administrateur de la SABIX)
Quelques éléments notables au cours de la visite : l'hydraulique de Marly, la découverte de la porcelaine (kaolin), l'horlogerie, les instruments chirurgicaux (opération d'une fistule anale chez Louis XIV), la botanique, la zoologie, le "Jardin du Roy" (actuel Jardin des Plantes ou Museum d'histoire naturelle), les montgolfières, Louis XVI et le voyage ultramarin de La Pérouse, &c.
Aussi des manuscrits : la création de l'Académie des sciences (Colbert 1666), la
création des écoles des Ponts (1746) et des Mines (1783),...
Retrouvez sur BibNum les différents articles de savants polytechniciens du
XIX° siècle, expliqués par des scientifiques actuels (cet article sera mis à jour suivant les publications futures) :
ainsi que les articles de professeurs célèbres à Polytechnique
:
Je m'étais dit, en tant que président de l'association, que je prendrais le temps de conter la mésaventure qui nous est arrivée lorsque nous avons voulu nous porter acquéreurs, pour le compte de la bibliothèque de l'École polytechnique, de manuscrits de Poincaré vendus aux enchères à Drouot le mardi 6 mai dernier. On peut consulter la vente ici (à partir de là, cliquer sur la flèche "lot suivant", en tout 16 lots du lot 285 au lot 300 (tous des manuscrits, sauf le dernier qui est un lot de photographies).
La vente était conduite
par l'officine Alde (qui a pignon sur rue aux coins des rues Guynemer et de Fleurus, en face du jardin du Luxembourg) ; elle comprenait de nombreux autres lots, l'ensemble des quinze lots
Poincaré était estimé à environ 20 000 euros. Informés de cette vente une semaine avant, nous nous étions rapprochés de l'université de Nancy, qui est spécialiste de la correspondance et des
écrits de Poincaré (voir précédent billet) ; il n'était en effet pas question que deux structures
publiques ou parapubliques se fassent concurrence aux enchères !
Nous nous étions aussi rapprochés de donateurs, la Fondation de l'X et l'AX (anciens élèves) avaient accepté de promettre
ensemble 50 000 euros, l'université de Nancy avait une promesse pour 20 00 euros, et le ministère de la Défense, mobilisé par nos soins (tutelle de l'Ecole polytechnique) avait - miracle -
la possibilité de mobiliser 40 000 euros supplémentaires. En tout un budget assez conséquent, théoriquement 110 000 euros (je dis théoriquement car en France on ne peut cumuler l'argent
public et l'argent privé sur un même achat...)
Voir les lots préalablement était de tradition et de rigueur, et une certaine discrétion s'imposait... peut-être tous ne l'ont pas assez été, toujours est-il qu'avant l'attribution du lot 285, le
premier lot Poincaré, le commissaire-priseur glisse à l'assemblée qu'il se réserve le droit de réunir les lots 285 à 300. Les enchères individuelles sur les lots se passent correctement, nous
gagnons les lots jusqu'à hauteur de notre budget de 50 000 euros, puis d'autres acquéreurs obtiennent les lots suivants, sur lesquels le ministère de la Défense fait préemption... .C'était
assez compliqué, car encore une fois les associations et le ministère n'avaient pas le même rôle, mais enfin, globalement nous avions à peu près tous les lots, dont certains préemptés, dans notre
budget de 110 000 euros.
Au moins le croyait-on, car au moment de la réunion des lots, avec mise à prix à 110 000 euros donc (somme des enchères gagnantes), les enchères se sont envolées, entre deux représentants
d'acquéreurs, jusqu'au double à 220 000 euros (voir le compte-rendu Alde sur le lot 300).
Université américaine ? Société de capital-investissement dans l'art ? Nous glosâmes sans savoir. Maintenant nous philosophons sur la difficulté que l'Etat et les structures parapubliques peuvent avoir pour maintenir à disposition de tous, et des chercheurs notamment, des éléments du patrimoine national. Il faut dire qu'avec des officines qui font miroiter aux particuliers fortunés de fortes plus-values ( citons par exemple Aristophil ), la concurrence est rude.
Si par exemple on ne peut pendre copie des documents en question, ceci signifie que les chercheurs, peut-être pour plusieurs générations, ne pourront avoir accès aux importants manuscrits de Poincaré sur le problème des trois corps, ou que tout ceci sera dispersé rapidement lot par lot, ce qui conduit au même résultat...
Lire aussi l'article de Libération du 4 juin 2008 « Du chiffre et des lettres » sur la spéculation sur le marché des autographes.
Lire aussi La Gazette de l'Hôtel Drouot, compte -rendu de cette vente.
Laurent Schwartz (1915-2002), professeur de mathématiques à
l'Ecole, qui a profondément marqué l'enseignement des mathématiques à l'X, avait cédé à la Bibliothèque l'ensemble de ses archives scientifiques, personnelles et politiques. La Bibliothèque
de l'X, avec le soutien financier de la SMF (Société mathématique de France), a inventorié l'ensemble du fonds, et en a numérisé une partie.