Alfred Dreyfus fut élève de l'Ecole Polytechnique (promotion 1878), d'où il sortit comme officier
d'artillerie.
Hubert Lévy-Lambert (X1953) avait publié dans la Jaune et la Rouge de janvier 1995, à
l'occasion du centenaire de la condamnation de Dreyfus en décembre 1894, un article historique très documenté sur les différents protagonistes de l'"Affaire" issus de l'X, dont le fameux général
Mercier (X1852, ministre de la Guerre en décembre 1894 lors de la condamnation de Dreyfus, et qui restera antidreyfusard toute sa vie): lire cet article sur le site SABIX. Voir
aussi son article de décembre 2006 sur le même sujet.
Lire aussi, dans le Journal électronique d'histoire des probabilités et de la statistique, JEHPS, n°1 de mars 2005, le rapport de MM. Appel, Darboux et Poincaré (X1872) en faveur de Dreyfus en 1904 en préparation de la décision de la Chambre Criminelle de la Cour de Cassation:
Rapport dit "Rapport Poincaré" (60 pages, numérisation de qualité médiocre); présentation de ce rapport par deux chercheurs R. Mansuy et L. Mazliak.
Parmi une cinquantaine de prêts issus des collections historiques de l'Ecole polytechnique à d'autres institutions lors d'une quinzaine de manifestations en 2006, soulignons une destination hors de nos frontières. A l'heure européenne, une des pièces de la collection des dessins et gravures du XVIIIe siècle de l'Ecole Polytechnique est actuellement exposée en Italie à Naples:
Exposition « Iconografia dei Campi Flegrei »
Napoli, Castel Sant’Elmo
27 octobre 2006 au 11 féfrier 2007 http://www.arti.beniculturali.it/
Pour les curieux, je rappelle que cette collection a été rassemblée à l'Ecole dès sa création dans le cadre de l'enseignement du dessin d'art et d'architecture. Elle provient des biens saisis sous la Révolution. La pièce ci-dessous (temple de Sérapis à Pouzzoles) prêtée à l'exposition se trouvait dans l'hôtel du marquis de Clermont d'Amboise, ambassadeur de France à Naples de 1776 à 1782.
Allez vite voir une exposition dont on parle peu : " Le siècle des saint-simoniens ", sur le site Arsenal de la BnF, 1 rue de Sully Paris IV° (jusqu’au 25 février 2007), dans un magnifique site un peu suranné – on se croirait au temps des saint-simoniens dans cette bibliothèque. Il y aura aussi un colloque sur le sujet les jeudi 1er et vendredi 2 février.
Le comte de Saint-Simon (1760
– 1825), lointain cousin du mémorialiste de Louis XIV (1675 – 1755) n’était pas polytechnicien, mais beaucoup de ses disciples le sont: dans la galerie de portraits qui présente l’exposition, une
figure sur deux est mentionnée comme issue de l’X. On trouve Prosper Enfantin (1796 – 1864, X 1813), Auguste Comte
(1798 – 1857, X 1814), Henri Fournel (1799 – 1876, X-Mines 1817), Paulin Talabot (1799 – 1885, X-Ponts 1819),
Charles Lambert (1804 – 1864, X-Mines 1822), Pierre-Euryale Cazeaux (1805 - ? ? ?, X-Mines 1823),
Michel ChevalierTranson (1805 – 1876, X 1823). (1806 – 1879, X-Mines 1823), Abel
Retraçons ici les éléments de la carrière de certains, et leur lien à la doctrine du saint-simonisme (pour plus de détails sur l’X et le saint-simonisme, voir l’article de J.P Callot dans La Jaune et la Rouge de septembre 1964). Sans rentrer dans les détails, disons que le saint-simonisme est à ses débuts un mouvement philosophique, et quasi-religieux (presque une secte), qui souhaite confier la gestion de la cité aux ingénieurs et producteurs. Il évolue à partir de 1840 vers un des réseaux les plus influents et les plus riches de la France industrielle naissante (citons la banque des frères Pereire ou l’un des premiers groupes industriels celui des Talabot), sans pour autant renier ses origines utopiques.
Le seul X a bien connaître Saint-Simon est Auguste Comte, qui travaille auprès de lui de 1816 à 1824 avant de prendre son indépendance et de fonder sa propre doctrine philosophique. La plupart des autres X connaissent assez peu Saint-Simon, mais font vivre après sa mort ses idées, et les concrétisent; le journal Le Globe est leur moyen d’expression.
Prosper Enfantin est le symbole de l’évolution du saint-simonisme décrite ci-dessus; il devient à la mort de Saint-Simon le " Père " de la religion saint-simonienne ; il sera par la suite administrateur du réseau ferré P.L.M. fondé par un autre X saint-simonien, Talabot. Michel Chevalier écrit en 1832 une brochure Système de la Méditerranée où il plaide pour une réconciliation entre l’islam et les chrétiens, deux ans après la conquête de l’Algérie ; il deviendra conseiller de Napoléon III, à ce titre négociateur de l’entente cordiale franco-britannique en 1860. Paulin Talabot construira un empire à partir de la révolution industrielle, traçant le premier chemin de fer du sud-Est en 1839 ; il devient directeur général du P.L.M. (Paris-Lyon- Marseille) en 1857, député du Gard.
(voir aussi sur annales.org les biographies de Fournel ou du mathématicien Transon)
(lire aussi l'article "Terre des écrivains")
Quelques brèves d'information:
La BnF consacre une exposition (jusqu'au 30 septembre), dans les locaux de l'Opéra de Paris, Palais Garnier, à Jacques Rouché (X1882, 1862 - 1957),
qui fut directeur de l'Opéra de 1914 à 1945. Voir la page de présentation de l'exposition, et la photo où l'on voit J. Rouché en 1942 (!), à quatre-vingts ans mais toujours en
bonne compagnie.
A signaler qu'un autre X, de la première promotion, Alexandre Étienne Choron (X 1794 ;1772-1834) avait dirigé l'Opéra vers 1816.